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À cause de graves problèmes familiaux, ma mère m’a mise à la porte peu après ma majorité. Je me suis retrouvée sans toit. La rue est devenue mon quotidien pendant six mois. J’errais dans le métro, apprenant à reconnaître les lieux où je pouvais me réfugier quelques heures, où trouver une douche, un repas chaud, ou parfois un lit dans un foyer. Chaque journée était une lutte pour la survie.
J’ai découvert les codes invisibles de la vie dans la rue : les horaires où les associations distribuent des repas, les stations de métro où l’on peut se réchauffer, les foyers où, avec un peu de chance, on obtient une place pour dormir. Malgré la fatigue, j’ai gardé l’envie de m’en sortir.
Aujourd’hui, je travaille dans un service hospitalier comme aide-soignante à Beaujon. Je sais ce que signifie être vulnérable, manquer de tout, et c’est cette expérience qui nourrit ma vocation d’aide-soignante.

Une ancienne élève de l’IFAS (Institut de Formation d’Aide-Soignant)


Illustration : L’hôpital Beaujon à Clichy-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine. Photo : Ggaldrat/Wikimedia Commons.

Articles parus dans Tous Auffray Mag n°7, janvier 2026.