120 ans ! Le 12 juillet 2026, nous célébrerons les 120 ans de la réhabilitation du capitaine Dreyfus. Les élèves de 1ère HGGSP ont travaillé sur l’affaire Dreyfus et ont écouté le podcast Alfred Dreyfus, Le Combat de la République et parcouru la bande-dessinée de Jean Dytar #J’accuse. Voici ce qu’ils ont retenu et compris.

Épisode 1 : « Un rêve français ».
La famille d’Alfred Dreyfus est une famille d’industriels juifs alsaciens. Bien intégrés, peu religieux, ils choisissent la France quand la Prusse (l’Allemagne) annexe l’Alsace en 1870. Le jeune Alfred (11 ans) est alors très affecté par cette défaite et se promet à l’avenir de défendre la France et de lutter pour sortir de cet affront infligé par les Prussiens. De cette défaite, naît chez Alfred le souhait de rentrer, quand il sera plus grand, dans l’Armée française. En 1876, il intègre l’Ecole polytechnique. Il se marie avec Lucie Hadamard, intègre l’Ecole de guerre où il fait les frais de l’antisémitisme. Malgré cela, il effectue un stage à l’Etat-major de l’Armée. Sa réussite est le symbole de l’intégration d’une famille juive de France grâce à l’Ecole républicaine.
Eidem et Oumar
Épisode 2 : « Ce maudit bordereau ».

En mai1894, un bordereau est retrouvé dans les poubelles de l’ambassade d’Allemagne par une femme de ménage (Madame Bastian) travaillant au service du contre-espionnage de l’Armée française. On y lit une liste d’informations délivrées à l’armée allemande. Le bordereau est livré au Commandant Henry, lequel prévient le très ambitieux général Mercier : il faut retrouver à qui appartient cette écriture. L’antisémitisme prégnant dans l’Armée conduit à désigner automatiquement Alfred Dreyfus. Celui-ci est arrêté le 15 octobre 1894, emprisonné à la prison du Cherche-midi, son domicile est perquisitionné. L’information est divulguée à la presse. Le procès a lieu devant un Conseil de guerre. On remarque que son écriture ne correspond pas à celle du bordereau mais un dossier secret est présenté contre lui. Il est condamné. Le 5 janvier 1895, la dégradation publique de Dreyfus aux Invalides est symbolique et reflète l’antisémitisme étatique. Ses médaillons lui sont arrachés et son épée est brisée devant plus de trois mille militaires et Parisiens. Dreyfus est ensuite conduit de la prison de la Santé sur l’Île du Diable, au large de la Guyane.

Le général Mercier, à ce moment, utilise la presse à son avantage. En divulguant la nouvelle de l’arrestation de Dreyfus et le procès à des journaux antidreyfusards (La Libre Parole), en présentant Dreyfus comme un traître à la nation, ce dernier est condamné avant que la justice rende son verdict. Le général Mercier évite ainsi toute remise en question de la culpabilité de Dreyfus.
Adèle et Meriem
Épisode 3 : « Lîle du Diable ».
L’île est inhospitalière, elle ne permet pas de bien vivre et il est absolument impossible de s’en échapper. Alfred Dreyfus est constamment surveillé, ses conditions de vie sont difficiles : il est mal nourri, mange très peu, et doit faire face à un responsable du bagne extrêmement sadique. Il résiste mentalement à cela car il a encore foi en les institutions de la République qui feront de lui un innocent. Il écrit, notamment au Président de la République, pour clamer et prouver son innocence. Malgré cette résistance, son état physique et mental se dégrade et en décembre 1895, il est tombé dans l’oubli. En France, selon des nationalistes comme Maurice Barrès, Dreyfus est considéré comme un ennemi du corps social. La presse considère sa déportation au bagne comme une excellente nouvelle. Pendant que Dreyfus est sur l’île, sa famille ne baisse pas les bras. Il échange beaucoup de lettres avec sa femme, son frère. Une minorité de personnes reconnaissent immédiatement son innocence, on les appelle les « Dreyfusards de la veille » car ils se sont mobilisés avant que l’affaire judiciaire se transforme en affaire politique. Bernard Lazare est l’un d’eux, journaliste, critique littéraire israélite, il veut démontrer l’innocence de Dreyfus. Quand la presse oublie Dreyfus, son frère Mathieu décide de refaire parler de lui : il fabrique une « fake news » publiée dans un petit journal anglais lu par peu de personnes. Il y annonce qu’Alfred s’est enfui. Cette utilisation de la presse remet l’affaire sur le devant de la scène. Mathieu est le soutien le plus ferme, le plus fidèle à Alfred. Mais pendant ce temps, l’Armée continue à nourrir le dossier de preuves construites pour accabler Dreyfus si le dossier venait à être rouvert. Mais le nouveau responsable du service de statistiques de l’Armée, le colonel Picquart, identifie le vrai coupable.
Chris-Evan et Aymen
Épisode 4 : « Sur les traces du traitre »

Très vite, le colonel Picquart met en lumière les incohérences présentes dans l’affaire. Il découvre l’existence d’un télégramme, le « petit bleu », sur lequel figure le nom d’Esterhazy. Il mène alors l’enquête sur cet homme sans forcément faire le lien, au début, avec l’affaire Dreyfus. Quand il fait le lien, il prévient sa hiérarchie. Son but est à la fois de briller dans cette affaire, mais aussi de faire briller l’Armée quand elle reconnaîtra son erreur et l’innocence de Dreyfus. Il n’est pas entendu. Il craint que la vérité disparaisse ou qu’on le fasse taire. Il rédige donc une lettre-testament destinée au Président de la République, dans laquelle il explique toute l’affaire. Eloigné et envoyé en Afrique, il se confie à son ami Louis Leblois qui transmet ce que le colonel Picquart lui a dit au Président du Sénat, Auguste Scheurer-Kestner. Cela redonne une dimension politique à l’affaire. Après de nouvelles publications dans la presse, Esterhazy est jugé par l’Armée qui, évidemment, l’innocente. Le lendemain, Emile Zola publie J’accuse, sa lettre au Président de la République.
Bénédicte et Sylwia
Épisode 5 : « Z comme Zola »
Emile Zola est un écrivain et journaliste français d’origine italienne. C’est un des romanciers français les plus populaires. Comment ses talents littéraires et oratoires ont-ils bouleversé le cours de l’affaire ?
Le 14 décembre 1897, le président du Sénat a convaincu Zola de l’innocence de Dreyfus. L’écrivain publie une Lettre à la jeunesse française. Puis le lendemain du procès Esterhazy, Zola publie J’accuse, ce qui change la donne de l’affaire. Quand Esterhazy est innocenté, Dreyfus est donc coupable pour l’éternité. Zola écrit alors une lettre ouverte au Président de la République, Felix Faure, le 13 janvier 1898. Il y fait le résumé de ce que l’on sait de l’affaire et établit les actes d’accusation. Il accuse les bureaux de l’Armée mais aussi les dirigeants républicains. Cette lettre provoque deux types de réaction : du côté dreyfusard, J’accuse est dans un premier temps mal perçu car on veut juste la révision du procès de Dreyfus et non « un buzz médiatique ». Du côté des antidreyfusards, des manifestations ont lieu pour exprimer leur colère. Par exemple un mannequin à l’effigie de Dreyfus est brûlé dans les rues de Saint-Malo. Les marchands de journaux ont vendu de nombreux numéros. Le journal L’Aurore a vendu plus de 350 000 exemplaires. Emile Zola, quant à lui, est condamné à un an de prison et 3000 francs d’amende. Condamné en appel, il s’exile à Londres.

Cécilia et Daniela
Épisode 6 : « La guerre civile aura-t-elle lieu ? »

Au 19ème siècle, deux visions du monde s’opposent en France avec l’affaire Dreyfus qui a duré plus de dix ans. Le problème étant qu’il était facile de se tromper sur cette affaire. Dreyfus, grâce au J’accuse de Zola, va pouvoir être à nouveau jugé. Il apprend la révision de son procès sur l’Île du Diable. L’annonce de ce procès fait basculer la France dans une lutte interne. D’un côté, les intellectuels incarnent le camp des dreyfusards. S’y adjoignent des personnalités comme Clemenceau qui a écrit jusqu’à 665 articles sur Dreyfus. De l’autre, les antidreyfusards protestent dans la rue. A leur tête, on trouve des hommes comme Maurice Barrès qui se moque des intellectuels. L’affaire prend beaucoup de place, les gens en parlent en public. A l’automne 1898, la lutte s’amplifie à l’annonce de la révision du procès. Les dreyfusards sont galvanisés alors que les antidreyfusards sont en colère. La jeunesse parisienne se bat dans les rues de la ville. Les antidreyfusards sont ceux qui tiennent à l’ordre des choses, ils sont conservateurs. Alors que les dreyfusards veulent fonder une République nouvelle et plus éclairée. On peut parler d’une guerre civile idéologique.
Dreyfusards et antidreyfusards
Les dreyfusards sont divisés en trois catégories. Les dreyfusiens veulent que l’affaire soit liquidée pour pouvoir passer à autre chose. Les dreyfusistes pensent l’affaire comme un événement qui doit permettre de revenir à la norme de la République. Les dreyfusards prennent simplement la défense de Dreyfus.
Les antidreyfusards sont soit des gens de la rue, soit des hommes politiques qui visent au-delà de l’affaire et espèrent un coup d’Etat. Leurs idées se diffusent car ils vont directement au contact de la population en faisant signer des pétitions.
La France est majoritairement antidreyfusarde à un moment où l’antisémitisme n’est pas condamné.
Amin
Épisode 7 : « Révision et désillusion »
Après plusieurs années de combat, de nouvelles preuves apparaissent montrant que Dreyfus est innocent. C’est Ferdinand Walsin Esterhazy qui est le coupable. Mais l’Armée refuse de reconnaître son erreur et cherche à protéger son image. Des documents ont même été falsifiés pour maintenir la culpabilité de Dreyfus. Le second procès se déroule à Rennes en 1899 mais malgré les preuves en faveur de Dreyfus, le tribunal militaire le condamne une deuxième fois, ce qui choque une partie de l’opinion publique car elle constate que la justice militaire est influencée. Pour mettre fin à cette crise, le Président de la République, Emile Loubet, accorde une grâce présidentielle à Alfred Dreyfus. Cet épisode montre que même lorsque la vérité apparaît, les institutions peuvent résister longtemps avant de reconnaître leurs erreurs.
Mathieu et Cléante
Épisode 8 : « La réhabilitation du capitaine »
En 1899, Alfred Dreyfus est gracié par le président Émile Loubet, mais cette grâce ne signifie pas son innocence : il reste officiellement coupable aux yeux de la loi. Il décide alors de poursuivre le combat pour obtenir sa réhabilitation complète. En 1902, l’écrivain Émile Zola, l’un de ses plus grands défenseurs, meurt asphyxié chez lui. Les circonstances sont troubles et tout laisse penser aujourd’hui qu’il a été assassiné par un militant d’extrême droite, Henri Buronfos, mais l’enquête n’est pas réellement approfondie.
Le personnage central du podcast, en dehors de Dreyfus, est Jean Jaurès, député et leader socialiste français. Dans l’affaire Dreyfus, il joue un rôle décisif en 1903 en dénonçant à la Chambre des députés un faux document utilisé contre Dreyfus lors du procès de Rennes : le « bordereau annoté », soi-disant signé par l’empereur Guillaume II. Ce nouvel élément pousse la Cour de cassation à réexaminer l’affaire. Il convainc également les socialistes que défendre Dreyfus, ce n’est pas seulement défendre un homme innocent, mais défendre des valeurs universelles de justice et de liberté, posant ainsi les bases du discours de la gauche républicaine française.
Le 12 juillet 1906, la Cour de cassation annule définitivement la condamnation de Dreyfus : il est reconnu totalement innocent. L’État reconnaît ainsi qu’il a été victime d’une machination judiciaire organisée par une partie de l’Etat-major. Dreyfus est réintégré dans l’armée de la Légion d’honneur. Cependant, une injustice demeure : ses années de déportation ne sont pas prises en compte dans sa carrière, contrairement au colonel Georges Picquart, qui bénéficie d’une reconstitution complète. Cette différence de traitement reflète l’antisémitisme encore présent dans l’armée.
En 1908, lors du transfert des cendres de Zola au Panthéon, un journaliste nationaliste antisémite, Louis Grégori, tire sur Dreyfus et le blesse légèrement. Il est pourtant acquitté par le jury, ce qui montre que l’antisémitisme et les divisions provoquées par l’affaire restent très présents dans la société française.
Ainsi, la réhabilitation de Dreyfus constitue une victoire de la justice et de la République. Elle renforce les valeurs de liberté, de vérité et de solidarité, mais révèle aussi la fragilité du régime républicain face aux nationalismes et aux haines politiques.

Houria, Clémence
Épisode 9 : « Le patriote contre les nationalistes »
En 1914, 12 ans après la fin de l’affaire Dreyfus, Alfred Dreyfus mène une vie tranquille en Suisse avec sa famille. Mais la Première Guerre mondiale éclate, ce qui oblige Dreyfus à rentrer en France. Il participe à la guerre en tant que lieutenant-colonel, et prend part à la bataille du Chemin des Dames. À la fin de la guerre, Dreyfus retourne en Alsace. À l’époque, la France est divisée entre les patriotes auxquels appartient Dreyfus (qui accordent une grande importance aux valeurs de la république et soutiennent l’intégration des juifs en France), et les nationalistes, dont les valeurs sont plutôt la force et le sacrifice, et qui essayent de minimiser l’impact qu’ont eu les juifs sur la Première Guerre mondiale, en essayant de cacher les noms de nombreux juifs morts pour la France durant la guerre. L’antisémitisme revient donc lentement en France après la guerre. Pendant ce temps-là, Esterhazy fuit en Angleterre et y mène une vie pauvre sans jamais avoir été condamné. Dans les années 1930, il y a une grande montée de l’antisémitisme en Europe avec le succès de nombreux partis antisémites, comme les nazis en Allemagne. Dreyfus accueille chez lui d’autres juifs Européens qui fuient les persécutions dans leurs pays d’origine. Au même moment, le sionisme monte en ampleur dans la communauté juive. Le sionisme est un mouvement qui propose la création d’un Etat juif, car, selon eux, les juifs seront toujours en danger en Europe. Le sionisme naît des suites de l’affaire Dreyfus, bien que Dreyfus lui-même ne soit pas sioniste.
En 1933, le parti nazi arrive au pouvoir en Allemagne. Pendant ce temps la santé d’Alfred Dreyfus se fragilise. Il meurt en 1935. En 1940, Philippe Pétain arrive au pouvoir. C’est le début de la collaboration et de l’occupation de la France par les nazis. L’Etat-major Français était composé de plus de juifs comparés aux autres puissances, et le régime de Vichy rejette donc la faute sur les juifs et dit qu’ils auraient fait «dégénérer la France». Beaucoup d’anciens ministres, députés, et généraux Français de confession juive sont déportés vers des camps de concentration. Certains anciens dreyfusards jouent un rôle important dans la Seconde Guerre mondiale. Certains, comme Pierre Laval, collaborent et rejoignent le gouvernement de Vichy. D’autres, comme De nombreux membres de la famille Dreyfus, s’engagent dans la Résistance. Certains d’entre eux, comme la belle-sœur d’Alfred Dreyfus, sont arrêtés et déportés. En 1945, la guerre et l’occupation prennent fin. Peu de temps après, la veuve d’Alfred Dreyfus, Lucie Dreyfus, décède également. Après la fin de la guerre, de nombreux juifs perdent leur confiance envers l’Etat Français, car la collaboration a, pour eux, prouvé que l’Etat Français ne peut pas les protéger. Certains se tournent alors vers le sionisme, car ils pensent qu’ils ne pourront jamais être en sécurité en France.
Mario, Volodimir, Louis
Présentation de la BD de Jean Dytar, J’accuse


Cette bande dessinée publiée en 2021 est placée dans un coffret. Quand on l’ouvre, on a une représentation artistique d’une ancienne machine à écrire qui donne en fait un clavier d’ordinateur avec son écran. Cela nous plonge directement dans la lecture et nous une idée de l’époque à laquelle l’histoire se déroule mais cherche à rendre le livre très contemporain. Ce livre parle de l’affaire Dreyfus.
On peut voir que les style de dessin est en noir et blanc, ce qui correspond à la photographie de l’époque. Cela permet aux lecteurs de mieux entrer dans l’histoire. On s’aperçoit que d’autres formes de diffusion des idées apparaissent régulièrement dans la bande-dessinée comme des caricatures, des articles de presse, ce qui facilite la lecture et permet au lecteur de rester accroché au sujet. L’utilisation des articles de journaux donne également une impression de réalisme et permet de suivre le cours de l’affaire dans la presse. La mise en place de « commentaires » permet de donner une impression de renouveau et d’actualité à l’affaire car les sites internet n’existaient pas : cela permet de faire un rapprochement entre aujourd’hui et cette époque et montre le choc que représenterait cette affaire sur les réseaux sociaux si elle intervenait aujourd’hui.
Mme Chataignier – Photo : Mme Chataignier
Critique de la pièce Si tu veux que je vive d’Eric Cénat. Sortie au Musée d’art et d’histoire du judaïsme le lundi 16 mars 2026
Le 16 mars, dans la continuité du projet sur l’affaire Dreyfus, et pendant la semaine de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations, les élèves sont allés voir une représentation théâtrale à l’auditorium du musée d’art et d’histoire du judaïsme.

Cette pièce est une adaptation des échanges de lettres entre Lucie (Lucie Chevalier) et Alfred Dreyfus (Joël Abadie) après sa déportation au bagne sur l’Île du Diable pour espionnage. La pièce retrace le combat de Lucie Dreyfus et des dreyfusards comme la journaliste libertaire Séverine (Claire Vidoni) pour la libération d’Alfred Dreyfus.
Le texte rend bien compte de la relation épistolaire entre Lucie et Alfred Dreyfus. La mise en scène était minimaliste, les personnages ne bougeaient presque pas, lisaient leur texte et leur regard restait fixé sur le fond de la salle. Le jeu du comédien incarnant Alfred Dreyfus était très bon car il arrivait à transmettre des émotions. Le jeu de la comédienne incarnant Séverine était de qualité (mais elle gardait les mains dans ses poches), ce qui était moins le cas pour Lucie. Les comédiens ne portaient pas de costumes, ils étaient bien vêtus mais avec des vêtements modernes et non des costumes d’époque. Il n’y avait aucun objet de décor. La musique revenait comme un leitmotiv quand Lucie parlait à Alfred avec tendresse mais les bruitages (bruits de la foule) étaient artificiels. Mais cela renforce l’émotion et permet de laisser le spectateur accroché à l’histoire. L’éclairage était de la « pleine lumière » sans effet. Il n’y avait aucun mouvement à part les pupitres qui étaient devant les personnages et qui étaient parfois déplacés.
Il faut excuser cette mise en scène statique, simple et épurée par le fait que l’espace était restreint. Il ne s’agissait pas d’une vraie scène de théâtre mais de l’auditorium d’un musée…
Mme Chataignier – Photo : Mme Chataignier
Critique de la pièce Notre histoire se répète de Jana Klein & Stéphane Schoukroun
Le 17 mars, pendant la semaine de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations, les élèves de TST2SB, classe satellite du projet d’excellence « Regards croisés sur l’immigration » sont allés voir une représentation théâtrale à l’auditorium du musée de l’histoire de l’immigration.
La pièce raconte l’histoire d’un couple mixte, elle allemande et lui juif sépharade. Le couple essaie de rejouer une pièce de théâtre écrite précédemment qui racontait leur histoire. Mais le couple est bouleversé par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et les représailles de l’Etat israélien. Comme Stéphane est juif, cela provoque chez lui une crise d’identité : la souffrance des juifs le 7 octobre est occultée mais on lui demande de se positionner sur la politique d’Israël.
L’histoire était difficile à comprendre, le public visé devait avoir un certain âge et de la culture pour comprendre la pièce. Mais les comédiens utilisaient un langage assez familier afin d’être compris par la jeune génération, et notamment des adolescents de la banlieue parisienne. A la fin, ils ont pris le temps d’interagir avec nous afin de répondre aux questions que posait la pièce.
Les comédiens jouaient plusieurs rôles. La chronologie de la pièce, avec des mélanges entre le passé et le présent, permet au public de rester attentif. Les lumières, les outils utilisés dans le décor permettent ces allers et venues : les boîtes Siri et Alexa pour le présent, les mallettes qui contiennent chacune un souvenir précieux, le tapis de course pour marquer les ruptures temporelles.
La pièce est réussie car elle est originale avec une histoire captivante.
Le musée de l’histoire de l’immigration est un lieu propice pour faire jouer des pièces comme celles-ci qui ont pour but de lutter contre l’antisémitisme.
Mme Chataignier
En une de la page, extrait de la bande dessinée de Jean Dytar #J’accuse, Éditions Delcourt.
Articles parsu, pour les quatre premiers épisodes du podcast de France Inter, dans Tous Auffray Mag n°8, mai 2026.
